Portrait : Dworkin

26 septembre 1946 – 9 avril 2005

Andrea Dworkin

Le 9 avril 2005 mourrait une des grandes figure du féminisme qui nous inspire, Andrea Dworkin. Principalement connue pour son opposition farouche à la prostitution et à la pornographie, elle était aussi une autrice, théoricienne et oratrice de grand talent.

Bien qu’elle soit connue dans les pays anglophones, son œuvre a longtemps été ignorée en France. Ses livres ne commencent enfin à être traduits qu’à partir de 2020.

26 septembre 1946 – 9 avril 2005

Andrea Dworkin

Le 9 avril 2005 mourrait une des grandes figure du féminisme qui nous inspire, Andrea Dworkin. Principalement connue pour son opposition farouche à la prostitution et à la pornographie, elle était aussi une autrice, théoricienne et oratrice de grand talent.

Bien qu’elle soit connue dans les pays anglophones, son œuvre a longtemps été ignorée en France. Ses livres ne commencent enfin à être traduits qu’à partir de 2020.

« La pornographie est la destruction orchestrée des corps et de l’âme des femmes, animée par le viol, les violences, l’inceste, la prostitution ; la déshumanisation et le sadisme caractérisent cette destruction ; c’est une guerre contre les femmes, des agressions répétées contre la dignité, l’identité et la valeur humaine. »

Pornographie, 1981

Elle est principalement connue pour ses essais sur les violences sexuelles et la sexualité. Pourtant les thèmes qu’elle a abordés dans ces écrits sont variés : culture, littérature, sexualité, l’oppression des Palestien·nes par Israël, le travail invisible des femmes et leur censure dans l’espace public… Ces livres posent des questions essentielles aujourd’hui encore : pourquoi certaines femmes sont antiféministes ? quelle place pour les hommes dans notre lutte ? et surtout comment résister ?

« Si le vécu sexuel d’un homme a toujours été, sans exception, fondé sur la domination, non seulement en actes explicites mais en à priori métaphysiques et ontologiques ; la fin de la domination masculine signifierait, dans l’esprit d’un tel homme, la fin du sexe. »

Coïts, 1987

Dans les pays anglophones comme en France, Andrea Dworkin reste une figure controversée. Pour avoir osé dénoncer le système prostitutionnel, pour avoir décrit dans toutes leurs brutalités les violences que subissent les femmes, elle a été attaquée. Ses positions étaient jugées trop « victimaires », « anti-sexe » et « misandres ». Son alliance effective avec la droite conservatrice pour faire passer des lois contre la pornographie a été fortement critiquée, y compris par ses alliées.

Nous n’idéalisons pas Andrea Dworkin mais nous admirons son courage et sa combativité y compris — et peut-être surtout — quand ses positions étaient loin d’être populaires. Alors que les discours en faveur du « travail du sexe » gagnent du terrain au sein même du féminisme, nous reprenons aujourd’hui son flambeau. La prostitution est une violence qui touche avant tout les filles et les femmes les plus marginalisées de nos sociétés. Pour elles, nous continueront à lutter pour y mettre fin.

« Nous les femmes. Nous n’avons pas l’éternité devant nous. Certaines d’entre nous n’ont pas une semaine de plus ni un jour de plus à perdre pendant que vous discutez de ce qui pourra bien vous permettre de sortir dans la rue et de faire quelque chose. Nous utilisons les statistiques non pour essayer de quantifier les blessures mais pour simplement convaincre le monde qu’elles existent bel et bien. »

Souvenez-vous, résistez, ne cédez pas, 1983