Les femmes subissent la colonisation d’une manière différente des hommes. Tout comme eux, leur temps et leur énergie sont exploités au profit du colon ; mais elles portent une charge supplémentaire, celle de l’exploitation de leur propre corps. Il peut s’agir de tirer profit de leur fertilité, en les considérant comme des mères porteuses ou de simples reproductrices, ou au contraire de leur voler leur possibilité d’enfanter en les contraignant à avorter ou en les stérilisant de force, comme l’État français le fit à la Réunion au début des années 1970. Il peut s’agir d’une objectification de leur réalité matérielle, dans un souci esthétique orientaliste, niant leur humanité même en les rabaissant au rang de choses (présentation des femmes uniquement en tant que corps, monstration de leurs particularités jugées « exotiques », comme lors des expositions coloniales en Europe). Enfin et surtout, il s’agit toujours d’une exploitation sexuelle des femmes colonisées par les hommes colons, qui vient bien souvent s’ajouter aux viols de guerre déjà commis dans le cadre des conquêtes territoriales. Cela ne s’arrête pas avec la fin de la colonisation, puisque les dynamiques oppressives fondées sur le sexe sont perpétuées longtemps après la libération des pays colonisés. Ainsi en est-il du tourisme sexuel, effectué très majoritairement par des hommes occidentaux se rendant dans des pays anciennement colonisés, ou de la gestation pour autrui.
Où sont les voix féministes qui s’élèvent pour la Palestine ?

“In Solidarity With Palestine”, Burhan Karkoutly, 1978

“In Solidarity With Palestine”, Burhan Karkoutly, 1978
La résistance des femmes palestiniennes

La misogynie du colon
Le patriarcat structure aussi le peuple colonisé
Aujourd’hui, des conditions de survie dramatiques
Un combat multiple : féministe, antiraciste, décolonial et bien plus
Ilya.