31 mars 1872 – 9 mars 1952

Alexandra Kollontaï

Le 19 mars nous fêtions la naissance d’Alexandra KollontaÏ, militante féministe, marxiste, révolutionnaire et femme politique au sein de l’URSS.

Son héritage, bien que contrasté, nous inspire encore aujourd’hui – tout comme il nous rappelle l’importance d’un esprit critique et d’une connaissance globale des mécanismes et des pensées. Elle nous rappelle l’importance de connaître notre matrimoine pour nous émanciper de façon nuancée, loin de tout manichéisme.

31 mars 1872 – 9 mars 1952

Alexandra Kollontaï

Le 19 mars nous fêtions la naissance d’Alexandra KollontaÏ, militante féministe, marxiste, révolutionnaire et femme politique au sein de l’URSS.

Son héritage, bien que contrasté, nous inspire encore aujourd’hui – tout comme il nous rappelle l’importance d’un esprit critique et d’une connaissance globale des mécanismes et des pensées. Elle nous rappelle l’importance de connaître notre matrimoine pour nous émanciper de façon nuancée, loin de tout manichéisme.

« Qu’est-ce que “l’amour-camaraderie” ? Cela ne signifie-t-il pas que l’austère idéologie de la classe ouvrière, élaborée dans l’atmosphère de combat des luttes pour la dictature du prolétariat, aurait l’intention de chasser sans pitié des relations sexuelles le tendre et frémissant “Éros ailé” ?

Absolument pas. Non seulement l’idéologie de la classe ouvrière n’a pas l’intention d’abolir “Éros ailé”, mais au contraire elle dégage la voie pour que soit reconnue la valeur de l’amour en tant que force psychosociale. 
Ces émotions doivent être fondées sur trois principes de base :
1) Égalité réciproque (et pas fatuité masculine, ni esclavage dissolvant la personnalité de la femme dans l’amour).
2) Reconnaissance des droits de l’autre, excluant la prétention de posséder sans partage le cœur et l’âme du partenaire.
3) Sollicitude de camarades, aptitude à écouter et à comprendre les mouvements de l’âme de l’être cher. »
Lettre à la jeunesse travailleuse, 1923.

Parmi les limites que nous trouvons à la pensée d’Alexandra Kollontaï : ses réflexions sur un féminisme bourgeois, son refus de considérer le féminisme comme une lutte indépendante, entre autres.

« La “question des femmes” n’existe pas de façon indépendante. Cette violence dans la société bourgeoise et qui opprime la femme est produite en partie par la grande antinomie sociale entre capital et travail. »

Conférences sur la libération des femmes, 1921.

Sa volonté de prioriser la lutte des classes au détriment de la lutte des femmes, en dénigrant celle-ci par l’emploi du terme « féminisme bourgeois », ne nous parait ni convaincante ni juste.
Ses positionnements que nous ne partageons pas ne nous détournent pas de toute la pensée d’Alexandra Kollontaï, mais nous incitent à mieux penser. Cela s’applique à toutes les femmes auxquelles nous nous référons.

Il s’agit non seulement d’exercer notre esprit critique mais également notre sororité : ces figures qui nous paraissent lointaines ont été des femmes prises dans leur époque et leur société, dans leurs tourments intimes et leurs propres contradictions.
L’humilité devant nos propres biais et limites, devant notre pensée en mouvement, ne peut logiquement que s’accompagner de sororité et de respect pour les femmes qui nous ont précédées.