Le consentement est utilisé, dans les débats sur la prostitution, pour porter la lumière sur celles qui subissent plutôt que sur ceux qui violentent. Parler du « choix des femmes » dans la pornographie et la prostitution revient à tirer un épais rideau entre ce qui est présenté sur la scène (les corps exposés, leur disponibilité apparente, le consentement de surface), et ce qui est dissimulé en arrière-plan (des industries profondément misogynes et prédatrices, la manière dont le consentement s’est formé ou a été extorqué). On voudrait nous faire croire que les femmes choisiraient d’être en situation de prostitution, d’être des objets de la pornographie, de se soumettre aux désirs d’hommes et ce, dans une prétendue démarche féministe de libre disposition de leur corps et leur sexualité.
L’illusion d’une sexualité « libérée & positive »
Un choix favorisé par la société
« Le fait que le choix d’une femme soit inégal à celui d’un homme dans cette société est la raison pour laquelle les prostituées sont principalement des femmes et des filles, et pourquoi les prostitueurs sont presque toujours des hommes2. »Témoignage de Chelsea Geddes, survivante de la prostitution.
Le consentement face à la prédation
« Nous apprenons aux filles à être aimables, gentilles, hypocrites. Et nous n’apprenons pas la même chose aux garçons. C’est dangereux. Tant de prédateurs sexuels en ont tiré parti. »Chère Ijeawele, ou un manifeste pour une éducation féministe, Chimamanda Ngozi Adichie.
Le consentement est une excuse
« Le consentement est le principal prétexte, légal et social, de ne rien faire contre les agressions sexuelles. »Catharine MacKinnon, interviewée pour Le Monde14
« Il était une fois, au début de cette vague féministe, un consensus reconnaissant les choix des femmes comme construits, imposés, encadrés, altérés, limités, contraints, façonnés par le patriarcat. Personne n’entendait par là que les choix des femmes étaient déterminés, ni que les femmes étaient des victimes passives ou impuissantes du patriarcat. »
Libéralisme sexuel et reproductif, Janice G. Raymond16.